L'AFD à Austerlitz : un scandale financier et écologique

Bonjour à toutes et à tous,

Le collectif a remis une lettre à M. Rémy Rioux, DG de l'agence française de développement (AFD), ainsi qu'à Laurence Tubiana, qui préside son conseil d'administration, pour leur demander de ne pas renflouer le projet Austerlitz.

 L'implication de l'AFD dans ce projet est un double scandale : 

  • financier : l’Agence française de développement (AFD), principal financeur de ce projet, investit 836 millions d’euros pour la totalité des surfaces de bureaux, afin d’y transférer son siège, alors qu’une alternative 2 fois moins coûteuse existait à Saint-Ouen. Même dans l’hypothèse d’une revente au prix fort de ses locaux actuels, le coût net pour le contribuable se montera à 560 M€. De plus, au moins 10 000 m2 se révèlent déjà superflus, que l’AFD devra céder ou louer, alors que 1,5 million de m2 cherche preneur à Paris.

  • écologique : aucun bilan carbone indépendant n’a été réalisé. La production de centaines de milliers de tonnes de béton nécessaire à la construction de ce bâtiment pharaonique, le transport des gravats et des matériaux, l’effet induit sur la mobilité vont entraîner l’émission de centaines de milliers de tonnes de CO2. L’AFD affirme être 100% accord de Paris et sélectionner avec rigueur les projets qu’elle soutient : elle n’applique manifestement pas à elle-même ce qu’elle exige d’autrui. 

Pour lire la lettre que nous avons remise à Rémy Rioux, c'est ici.

Très cordialement
Pour le collectif
Olivier Le Marois

Communiqué de Presse • Austerlitz : l’intérêt général dévoyé [22 novembre 2021]

Paris, le 22 novembre 2021
 
Le 15 avril dernier, le Conseil de Paris votait à une forte majorité une demande de révision radicale du projet dit de « modernisation de la gare d’Austerlitz ». Depuis, le projet suit son cours, sous l’égide de la SEMAPA, filiale de la Ville de Paris, sans aucune modification, alors que plus de 40 000 personnes ont signé la pétition demandant sa révision (change.org/austerlitz).

À ce déni de démocratie s’ajoute désormais un dévoiement préoccupant de la notion d’intérêt général. La Cour administrative d’appel de Paris a en effet rejeté le 18 novembre dernier la demande d’annulation du permis de construire formulée par les associations membres du collectif, au motif que le projet répond à « des buts d’intérêt général poursuivi par l’État ».

La Cour considère donc que ce projet d’un milliard d’euros, destiné essentiellement à construire un gigantesque centre commercial et 50 000 m2 de bureaux au centre de Paris, répond à une mission de service public. Les commerces locaux de Mouffetard et d'Aligre qui fermeront, les villes de la périphérie qui seront privées d’activité économique, apprécieront cette conception de l’intérêt général.

La Cour considère également qu’une estimation des consommations d’énergie directes du projet suffit pour en évaluer l’impact sur le climat, alors qu’elles en représentent une part minime en regard, entre autres, des effets de la production de centaines de milliers de tonnes de béton, du transport de matériaux pour ce chantier et du trafic routier engendré par le centre commercial et les bureaux. On ne peut que s’étonner de ce blanc-seing donné au « greenwashing » pour un projet supposé répondre à une mission de service public, alors même que l’État vient d’être condamné par le Conseil d’État pour inaction climatique.

Concernant enfin l’impact du projet sur le paysage, la Cour considère que les associations n’ont pas fourni suffisamment d’éléments pour démontrer qu’un « mur » de 300 mètres de long sur 37 mètres de haut porte atteinte au patrimoine historique environnant, à savoir la Salpêtrière et sa chapelle Saint-Louis, la grande halle d’Austerlitz et le Jardin des plantes.

Loin de constituer un coup d’arrêt à notre action, cette décision renforce notre détermination à s’opposer à un projet qui va manifestement à l’encontre de l'intérêt général.
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Le collectif Austerlitz regroupe riverains, commerçants, associations (France Nature Environnement Paris, SOS Paris, les inCOPruptibles, les Amis de la Terre, Retrouvons le Nord de la gare du Nord, Extinction Rebellion Paris, Alternatiba Paris, la Rue est à Nous, Attac 13e, CNNR) et groupes politiques (EELV IdF).

Contacts
  • Pour le Collectif Austerlitz : Olivier Le Marois 06 88 33 89 03
  • Pour FNE Paris : Christine Nedelec 06 84 18 65 21
  • Pour SOS Paris : Philippe Khayat 06 64 72 90 79 



Communiqué de presse • Gare d’Austerlitz : Anne Hidalgo ne répond pas à la demande de rendez-vous du Collectif [30 avril 2021]

Fort du vote au dernier Conseil de Paris de trois vœux en faveur de la révision du projet dit de «modernisation de la gare d’Austerlitz », le Collectif Austerlitz a sollicité en vain un rendez-vous avec la Maire de Paris, « afin de [lui] remettre la liste des signataires et d’évoquer les possibilités d’action dans ce dossier » (texte complet ci-dessous).

Ce projet démesuré et d’un autre âge doit être revu : c’est ce que le Conseil de Paris a voté. D’un coût de 900 millions d’euros, il prévoit la construction d’un « mur » de 37 mètres de haut sur 300 mètres de long, abritant un centre d’affaires de 50 000 m2 et un centre commercial grand comme cinq hypermarchés. Par ses dimensions, il créerait un important îlot de chaleur au cœur de la ville et écraserait le patrimoine historique environnant. Enfin, il augmenterait les besoins de mobilité, accroissant la pollution de l’air, à rebours des principes de la « ville du quart d’heure ».

Cette création de 25 000 m2 de surfaces commerciales se ferait en outre au détriment des commerces et restaurants des quartiers voisins (Mouffetard et Poliveau dans le 5e arrondissement, Aligre dans le 12e, avenue de France et place d’Italie dans le 13e), qui seraient ainsi privés de plus de 100 M€ de chiffres d’affaire par an, entraînant la destruction de plus 1 000 emplois. La contrepartie de cette saignée économique est un à-valoir de 42 M€ versé par l’opérateur du centre commercial à la SNCF.

Au cours de son intervention le 15 avril dernier appelant au retrait des vœux, Emmanuel Grégoire, premier adjoint, affirmait : « Je crois qu’en politique, il est important d’avoir de la cohérence et d’assumer. »

Le 23 juillet 2020, Anne Hidalgo cosignait une tribune dans Le Monde où elle s’engageait à respecter les propositions de la convention citoyenne pour le climat, dont un moratoire sur les surfaces commerciales de plus de 10 000 m2.

Quels engagements la Maire de Paris et son premier adjoint vont-ils privilégier ? Celui de la SEMAPA, filiale de la Ville de Paris, dans un projet immobilier destructeur ? Ou ceux, vertueux, pris vis-à-vis des citoyens ?

Le texte de la demande de rendez-vous à Anne Hidalgo :
  
Madame la Maire 
 
Au nom des 32 000 signataires de la pétition demandant la révision du projet dit de « modernisation de la gare d’Austerlitz », nous sollicitons une rencontre avec vous, afin de vous remettre la liste des signataires et d’évoquer les possibilités d’action dans ce dossier.
Laisser le projet se poursuivre en l’état irait à l’encontre de la demande de la nette majorité exprimée le 15 avril 2021 au Conseil de Paris. Surtout, cela aboutirait à un désastre écologique et financier. 
 
Nous avons bien noté que votre premier adjoint et le maire du 13e arrondissement préconisaient de poursuivre le projet pour ne pas exposer la Ville à d’hypothétiques risques juridiques. Cette vision ne prend ni la mesure du défi climatique, ni celle du contexte radicalement nouveau créé par l’épidémie de Covid-19, qui entraîne déjà une crise majeure de l’immobilier professionnel. 
 
C’est pourquoi nous souhaitons vous rencontrer en personne, en tant que Maire de Paris et femme d’État, ayant l’autorité et la crédibilité politiques nécessaires pour réorienter cette opération et la mettre en conformité avec les objectifs de la politique parisienne que vous avez vous-même définis – et auxquels nous souscrivons : ville du quart d’heure, objectif de neutralité carbone, application des demandes de la convention climat. 
 
Loin de vous dédire, vous traceriez ainsi la voie pour une nouvelle génération de décideurs responsables. Une véritable prise en compte de l’enjeu climatique exige de revoir les projets, y compris les plus anciens, pour les aligner sur les enjeux du XXIe siècle. 

Nous vous prions d’agréer, Madame la Maire, l’expression de notre meilleure considération.

   

À propos du Collectif Austerlitz : ce collectif regroupe riverains, commerçants, associations (France Nature Environnement Paris, SOS Paris, les inCOPruptibles, les Amis de la Terre, Retrouvons le Nord de la gare du Nord, Extinction Rebellion Paris, Alternatiba Paris, la Rue est à Nous, Attac 13e) et groupes politiques (EELV IdF). 
 
Sur l’impact du centre commercial sur les commerces et restaurants locaux : à la gare Saint-Lazare, il y a 10 000 m2 de commerces pour 110 millions de voyageurs par an, alors qu’à Austerlitz, la SNCF prévoit 25 000 m2 de commerces pour seulement 30 millions de voyageurs par an à horizon 2030 – chiffre lui-même discutable, car l’essentiel du trafic voyageur se fait en sous-sol, entre banlieue et métro. Une simple règle de trois montre que le trafic voyageur ne peut faire vivre au mieux que 3 000 m2 de commerces. Donc, soit le centre commercial sera un naufrage économique, soit il vivra en captant les achats actuellement réalisés dans sa périphérie. Selon l’INSEE, le chiffre d’affaires moyen par m2 de surface commerciale est de 4 760 €/m2 : le centre commercial détournerait donc 110 millions d’euros d’achats par an au détriment des commerces et restaurants locaux Or, contrairement à ce que prétend la SNCF, les quartiers environnants comprennent des zones à haute densité commerciale : Poliveau et Mouffetard dans le 5e, Aligre dans le 12e, avenue de France et place d’Italie dans le 13e (cf. carte APUR). 
 
Contacts
Pour le Collectif Austerlitz : Olivier Le Marois 06 88 33 89 03
Pour FNE Paris : Christine Nedelec 06 84 18 65 21
Pour SOS Paris : Philippe Khayat 06 64 72 90 79 



Communiqué de presse • à la suite du vote du Conseil de Paris [15 avril 2021]

Paris, le 15 avril 2021

Communiqué de presse

Gare d’Austerlitz : à la suite du vote du Conseil de Paris pour la révision du projet, les associations demandent à Anne Hidalgo d’intervenir Le Collectif Austerlitz, qui regroupe riverains et commerçants, citoyens, représentants politiques et associations, remercie les élus de tous bords qui ont voté à une très nette majorité (57%) les vœux déposés par trois groupes (Écologistes de Paris, Changer Paris, Indépendants & Progressistes), qui demandaient, en des termes similaires, une révision radicale du projet dit de « modernisation de la gare d’Austerlitz ».

Le Collectif va maintenant solliciter un rendez-vous avec Anne Hidalgo, Maire de Paris, pour lui remettre sa pétition (change.org/austerlitz), qui a recueilli à ce jour plus de 31 000 signatures. Cette pétition demande à Mme Hidalgo d’imposer la révision de ce qui s’annonce comme un désastre pour l’environnement, le patrimoine et les finances publiques.

En effet, ce projet démesuré (900 millions d’euros, un « mur » de 37 mètres de haut sur 300 mètres de long, un centre d’affaires de 50 000 m2, un centre commercial grand comme cinq hypermarchés) écraserait le patrimoine historique environnant, irait à l’encontre du moratoire sur les surfaces commerciales de plus de 10 000 m2 que la Maire de Paris s’est engagée à respecter, créerait un important îlot de chaleur au coeur de la ville et augmenterait les besoins de mobilité, accroissant la pollution de l’air, à rebours des principes de la « ville du quart d’heure ».

La Maire de Paris dispose au travers de la SEMAPA, aménageur du projet, d’un levier puissant pour imposer une vraie modernisation de la gare et de ses environs, qui réponde aux besoins de notre temps : respect des commerces locaux, proximité entre domicile et travail, résilience aux canicules, exemplarité dans la lutte contre le changement climatique, investissement ciblé sur des infrastructures réellement bas-carbone.

Contrairement à ce qu’affirment les défenseurs du projet, ce n’est pas sa révision qui présente un risque pour les finances publiques mais sa poursuite en l’état. En effet, tous les risques sont portés par des acteurs publics – SNCF, SEMAPA, AFD –, alors que l’immobilier de bureau connaît une crise historique, particulièrement en Île-de-France, et que les centres commerciaux proches de la gare d’Austerlitz (Italie 2 et Ivry) sont sinistrés.

Contacts
Pour le Collectif Austerlitz : Olivier Le Marois 06 88 33 89 03
Pour FNE Paris : Muriel Martin-Dupray 06 18 98 53 25
Pour SOS Paris : Philippe Khayat 06 64 72 90 79






Signez notre pétition - Anne Hidalgo doit imposer la révision du projet

Un "mur" de 300 m de long sur 37 m de haut, abritant un centre commercial grand comme 5 hypers, c'est encore possible ? Nous demandons la révision de ce projet absurde.

 




Large rassemblement devant le chantier le 9 mars

Mardi 9 mars, riverains, commerçants, représentants associatifs et politiques se sont retrouvés pour demander la révision du projet. cnews.fr en parle: "Pourquoi le projet de révocation à Austerlitz fait-il polémique?"

Dans notre communiqué de presse, nous donnons les raisons de notre recours en justice.

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Recours en justice

Au nom du Collectif Austerlitz, FNE Paris, SOS Paris, les inCOPruptibles et les Amis de la Terre ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris. Vos contributions nous permettent de financer cette action.
 

Les personnes assujetties à l'impôt sur le revenu bénéficient d'une déduction de 66% (un don de 15€ n'en coûte que 5).