Communiqué de presse • Gare d’Austerlitz : Anne Hidalgo ne répond pas à la demande de rendez-vous du Collectif [30 avril 2021]

Fort du vote au dernier Conseil de Paris de trois vœux en faveur de la révision du projet dit de «modernisation de la gare d’Austerlitz », le Collectif Austerlitz a sollicité en vain un rendez-vous avec la Maire de Paris, « afin de [lui] remettre la liste des signataires et d’évoquer les possibilités d’action dans ce dossier » (texte complet ci-dessous).

Ce projet démesuré et d’un autre âge doit être revu : c’est ce que le Conseil de Paris a voté. D’un coût de 900 millions d’euros, il prévoit la construction d’un « mur » de 37 mètres de haut sur 300 mètres de long, abritant un centre d’affaires de 50 000 m2 et un centre commercial grand comme cinq hypermarchés. Par ses dimensions, il créerait un important îlot de chaleur au cœur de la ville et écraserait le patrimoine historique environnant. Enfin, il augmenterait les besoins de mobilité, accroissant la pollution de l’air, à rebours des principes de la « ville du quart d’heure ».

Cette création de 25 000 m2 de surfaces commerciales se ferait en outre au détriment des commerces et restaurants des quartiers voisins (Mouffetard et Poliveau dans le 5e arrondissement, Aligre dans le 12e, avenue de France et place d’Italie dans le 13e), qui seraient ainsi privés de plus de 100 M€ de chiffres d’affaire par an, entraînant la destruction de plus 1 000 emplois. La contrepartie de cette saignée économique est un à-valoir de 42 M€ versé par l’opérateur du centre commercial à la SNCF.

Au cours de son intervention le 15 avril dernier appelant au retrait des vœux, Emmanuel Grégoire, premier adjoint, affirmait : « Je crois qu’en politique, il est important d’avoir de la cohérence et d’assumer. »

Le 23 juillet 2020, Anne Hidalgo cosignait une tribune dans Le Monde où elle s’engageait à respecter les propositions de la convention citoyenne pour le climat, dont un moratoire sur les surfaces commerciales de plus de 10 000 m2.

Quels engagements la Maire de Paris et son premier adjoint vont-ils privilégier ? Celui de la SEMAPA, filiale de la Ville de Paris, dans un projet immobilier destructeur ? Ou ceux, vertueux, pris vis-à-vis des citoyens ?

Le texte de la demande de rendez-vous à Anne Hidalgo :
  
Madame la Maire 
 
Au nom des 32 000 signataires de la pétition demandant la révision du projet dit de « modernisation de la gare d’Austerlitz », nous sollicitons une rencontre avec vous, afin de vous remettre la liste des signataires et d’évoquer les possibilités d’action dans ce dossier.
Laisser le projet se poursuivre en l’état irait à l’encontre de la demande de la nette majorité exprimée le 15 avril 2021 au Conseil de Paris. Surtout, cela aboutirait à un désastre écologique et financier. 
 
Nous avons bien noté que votre premier adjoint et le maire du 13e arrondissement préconisaient de poursuivre le projet pour ne pas exposer la Ville à d’hypothétiques risques juridiques. Cette vision ne prend ni la mesure du défi climatique, ni celle du contexte radicalement nouveau créé par l’épidémie de Covid-19, qui entraîne déjà une crise majeure de l’immobilier professionnel. 
 
C’est pourquoi nous souhaitons vous rencontrer en personne, en tant que Maire de Paris et femme d’État, ayant l’autorité et la crédibilité politiques nécessaires pour réorienter cette opération et la mettre en conformité avec les objectifs de la politique parisienne que vous avez vous-même définis – et auxquels nous souscrivons : ville du quart d’heure, objectif de neutralité carbone, application des demandes de la convention climat. 
 
Loin de vous dédire, vous traceriez ainsi la voie pour une nouvelle génération de décideurs responsables. Une véritable prise en compte de l’enjeu climatique exige de revoir les projets, y compris les plus anciens, pour les aligner sur les enjeux du XXIe siècle. 

Nous vous prions d’agréer, Madame la Maire, l’expression de notre meilleure considération.

   

À propos du Collectif Austerlitz : ce collectif regroupe riverains, commerçants, associations (France Nature Environnement Paris, SOS Paris, les inCOPruptibles, les Amis de la Terre, Retrouvons le Nord de la gare du Nord, Extinction Rebellion Paris, Alternatiba Paris, la Rue est à Nous, Attac 13e) et groupes politiques (EELV IdF). 
 
Sur l’impact du centre commercial sur les commerces et restaurants locaux : à la gare Saint-Lazare, il y a 10 000 m2 de commerces pour 110 millions de voyageurs par an, alors qu’à Austerlitz, la SNCF prévoit 25 000 m2 de commerces pour seulement 30 millions de voyageurs par an à horizon 2030 – chiffre lui-même discutable, car l’essentiel du trafic voyageur se fait en sous-sol, entre banlieue et métro. Une simple règle de trois montre que le trafic voyageur ne peut faire vivre au mieux que 3 000 m2 de commerces. Donc, soit le centre commercial sera un naufrage économique, soit il vivra en captant les achats actuellement réalisés dans sa périphérie. Selon l’INSEE, le chiffre d’affaires moyen par m2 de surface commerciale est de 4 760 €/m2 : le centre commercial détournerait donc 110 millions d’euros d’achats par an au détriment des commerces et restaurants locaux Or, contrairement à ce que prétend la SNCF, les quartiers environnants comprennent des zones à haute densité commerciale : Poliveau et Mouffetard dans le 5e, Aligre dans le 12e, avenue de France et place d’Italie dans le 13e (cf. carte APUR). 
 
Contacts
Pour le Collectif Austerlitz : Olivier Le Marois 06 88 33 89 03
Pour FNE Paris : Christine Nedelec 06 84 18 65 21
Pour SOS Paris : Philippe Khayat 06 64 72 90 79 



Communiqué de presse • à la suite du vote du Conseil de Paris [15 avril 2021]

Paris, le 15 avril 2021

Communiqué de presse

Gare d’Austerlitz : à la suite du vote du Conseil de Paris pour la révision du projet, les associations demandent à Anne Hidalgo d’intervenir Le Collectif Austerlitz, qui regroupe riverains et commerçants, citoyens, représentants politiques et associations, remercie les élus de tous bords qui ont voté à une très nette majorité (57%) les vœux déposés par trois groupes (Écologistes de Paris, Changer Paris, Indépendants & Progressistes), qui demandaient, en des termes similaires, une révision radicale du projet dit de « modernisation de la gare d’Austerlitz ».

Le Collectif va maintenant solliciter un rendez-vous avec Anne Hidalgo, Maire de Paris, pour lui remettre sa pétition (change.org/austerlitz), qui a recueilli à ce jour plus de 31 000 signatures. Cette pétition demande à Mme Hidalgo d’imposer la révision de ce qui s’annonce comme un désastre pour l’environnement, le patrimoine et les finances publiques.

En effet, ce projet démesuré (900 millions d’euros, un « mur » de 37 mètres de haut sur 300 mètres de long, un centre d’affaires de 50 000 m2, un centre commercial grand comme cinq hypermarchés) écraserait le patrimoine historique environnant, irait à l’encontre du moratoire sur les surfaces commerciales de plus de 10 000 m2 que la Maire de Paris s’est engagée à respecter, créerait un important îlot de chaleur au coeur de la ville et augmenterait les besoins de mobilité, accroissant la pollution de l’air, à rebours des principes de la « ville du quart d’heure ».

La Maire de Paris dispose au travers de la SEMAPA, aménageur du projet, d’un levier puissant pour imposer une vraie modernisation de la gare et de ses environs, qui réponde aux besoins de notre temps : respect des commerces locaux, proximité entre domicile et travail, résilience aux canicules, exemplarité dans la lutte contre le changement climatique, investissement ciblé sur des infrastructures réellement bas-carbone.

Contrairement à ce qu’affirment les défenseurs du projet, ce n’est pas sa révision qui présente un risque pour les finances publiques mais sa poursuite en l’état. En effet, tous les risques sont portés par des acteurs publics – SNCF, SEMAPA, AFD –, alors que l’immobilier de bureau connaît une crise historique, particulièrement en Île-de-France, et que les centres commerciaux proches de la gare d’Austerlitz (Italie 2 et Ivry) sont sinistrés.

Contacts
Pour le Collectif Austerlitz : Olivier Le Marois 06 88 33 89 03
Pour FNE Paris : Muriel Martin-Dupray 06 18 98 53 25
Pour SOS Paris : Philippe Khayat 06 64 72 90 79






Signez notre pétition - Anne Hidalgo doit imposer la révision du projet

Un "mur" de 300 m de long sur 37 m de haut, abritant un centre commercial grand comme 5 hypers, c'est encore possible ? Nous demandons la révision de ce projet absurde.

 




Large rassemblement devant le chantier le 9 mars

Mardi 9 mars, riverains, commerçants, représentants associatifs et politiques se sont retrouvés pour demander la révision du projet. cnews.fr en parle: "Pourquoi le projet de révocation à Austerlitz fait-il polémique?"

Dans notre communiqué de presse, nous donnons les raisons de notre recours en justice.

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Recours en justice

Au nom du Collectif Austerlitz, FNE Paris, SOS Paris, les inCOPruptibles et les Amis de la Terre ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris. Vos contributions nous permettent de financer cette action.
 

Les personnes assujetties à l'impôt sur le revenu bénéficient d'une déduction de 66% (un don de 15€ n'en coûte que 5).

Un projet démesuré

Ce projet reflète la vision de la modernité en vigueur dans les années 80. Le collectif demande une révision vers une vrai modernité :

  • Plus de logements, beaucoup moins de commerces et de bureaux
  • Moins de béton, beaucoup plus de nature
  • Moins de hauteur, plus de respect du patrimoine historique
  • Beaucoup plus de transport décarboné, beaucoup moins de transport routier

Le projet en mots-clés, de "démesure" à "prédation"

 


Communiqué de presse • Gare d’Austerlitz : les associations demandent la révision du projet [8 mars]

 Communiqué de presse - 8 mars 2021

Gare d’Austerlitz : les associations demandent la révision du projet

Le collectif Austerlitz, qui regroupe riverains et commerçants, citoyens, représentants politiques et associations, a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris, demandant la révision du projet dit de « modernisation de la gare d'Austerlitz ». L'action en justice est portée par les associations FNE Paris, Les Amis de la Terre, les inCOPruptibles et SOS Paris, avec le soutien d’EELV.

Le collectif appelle à un rassemblement le mardi 9 mars à 11 h devant le chantier.

Le collectif dénonce ce projet qui va à l’encontre de la lutte contre le dérèglement climatique et ne tire aucune leçon de l’épidémie de COVID. La destruction de bâtiments existants, plutôt que leur rénovation, et la création d’un « mur » de 37 mètres de haut sur 300 m de long abritant bureaux, commerces, hôtel, contribuera à éloigner domicile, travail et commerces, mettra en péril les commerces du quartier et provoquera une augmentation massive des flux, source de pollution et de congestion pour les riverains et les usagers des transports collectifs.

Ce projet démesuré perpétue les errements des années 1980, quand centres commerciaux géants et bétonisation étaient la quintessence de la modernité :
  • Un centre commercial grand comme 5 hypermarchés, alimenté par camions (au milieu d’une gare), et plus de 800 places de parking
  • Une atteinte au patrimoine historique : un « mur » de 37 m de haut sur 300 m de long, qui écrase la grande halle d’Austerlitz, les bâtiments de la Salpêtrière et du Jardin des Plantes
  • Sept fois plus de surface de bureaux et commerces que de logements
  • L’absence de bilan carbone pour un projet dont la construction et les effets sur la mobilité produiront outre une pollution de l’air, un volume significatif de CO2
  • Un nouvel îlot de chaleur créé par cette masse de béton et la regrettable absence de végétation en pleine terre (seulement 550 m2, enclavés dans le bâtiment)
Le collectif et les associations qui le soutiennent demandent la révision du projet pour :
  • Plus de logements, beaucoup moins de commerces et de bureaux
  • Moins de béton, beaucoup plus de nature
  • Moins de hauteur, plus de respect du patrimoine historique
  • Beaucoup plus de transport décarboné, beaucoup moins de transport routier
Nous demandons à Jean-Pierre Farandou, promoteur du projet en tant que P-DG de la SNCF, et à Anne Hidalgo, Maire de Paris et actionnaire principal de l’aménageur, de revoir ce projet dans le sens de la vraie modernité, une modernité qui préfigure ce que doit être la ville du XXIe siècle.